Préface d'Axel Gauvin
Pas « pa », « ca »: calindrome.
Non seulement Michel Ducasse invente l’énigme,
mais il en donne le sens: «groupe de mots
que l’on peut caresser dans les deux sens.»
Et s’il ne met pas le circonflexe sur le «a»,
c’est sûrement pour que ce dernier ne dure
juste que le temps qu’il faut, ou bien
qu’il ne se réfugie sous la protection d’un toit
(ou d’un toi): il n’y a pas d’assurances
pour l’amour – fût-il tendresse.
Car ce recueil que vous tenez entre vos mains
est avant tout de tendresses.
Oui, au pluriel, car ce n’est pas non plus
pour rien que Michel Ducasse a mis
un « s » à Calindromes.
Il y a d’abord sa tendresse pour les mots.
Ça, il les aime les mots, les mots de ses langues
– le français, l’anglais, le mauricien.
Les mots, il les fait danser, voler au plus haut.
Mais il les casse aussi, il les disperse.
Ce n’est que pour mieux les rassembler, les réunir.
Et cela donne, au bout du vers, la combinaison
inouïe, jamais lue, jamais vue; toute neuve
et venue au monde au travers de son clavier.
Mais il n’y a pas que les mots que Michel Ducasse
aime: il y a la poésie, en général et celle de Senghor
en particulier. Il y a ses pays: son Île Maurice
(«l’île est en nous forcément») et son Goodlands,
la Garonne et Nancy. Il y a, rimant avec bonheur,
ses amis de La Réunion, et de partout:
« J’aime Le a de l’Amitié
Le b du vrai Bonheur
Le c des Camarades... »
Il y a la femme aimée, et puis il y a Lisa...